" Un Père qui aime sans compter ! "
Luc 15, 11 à 32, Annemasse, 11 janvier 2026, culte des familles
Que se passe-t-il donc à la suite de notre histoire, celle que j’ai commencée à raconter aux enfants quand ils étaient là ?
...
Que va faire le père ? refuser le retour de son fils ? Accepter son retour mais en lui faisant la morale ? Que se passe-t-il donc dans notre histoire de Luc, que Laura vient de lire en entier ?
...
Oui, c’est vrai, malgré que le fils ait rejeté ses parents et son frère, qu’il soit parti avec l’argent et qu’il ait tout dépensé, le père est tout simplement heureux, et court vers son fils qu’il voit arriver de loin pour le serrer dans ses bras.
Qu’en pensez-vous ?
Qu’aurait fait votre père d’après vous ?
Et si vous vous imaginez parent, comment auriez-vous réagi ?
...
Jésus raconte cette histoire aux pharisiens et aux maîtres de la loi.
Qui sont les pharisiens et les maîtres de la loi ?
Les pharisiens sont tout simplement les spécialistes de la loi de Dieu, ceux qui savent exactement ce qu’il faut faire et ne pas faire, dire ou ne pas dire. La loi a été donnée par Moïse de la part de Dieu au peuple d’Israël. Moïse, vous le connaissez tous, c’est le bébé qui a été mis dans l’eau dans un panier pour éviter d’être tué. Recueilli par la femme du pharaon, il a ensuite sauvé le peuple hébreu de l’esclavage. Tout cela nous le trouvons dans l’Ancien Testament, et dans le Nouveau Testament Jésus apparaît et vient accomplir la loi ancienne, en donnant l’amour.
Au moment de notre histoire dans le Nouveau Testament, juste avant que Jésus la raconte, il est en train de parler avec des pécheurs, c’est-à-dire des personnes qui ne respectent pas la loi, qui n’obéissent pas à toutes les règles.
Et cela est scandaleux pour les pharisiens : « Comment un homme qui vient soit-disant nous annoncer quelque chose d’extraordinaire de la part de Dieu peut-il discuter avec des gens qui n’obéissent pas à la loi de Dieu comme nous ? »
Quand nous trouvons l’autre différent, il nous arrive de ne pas vouloir parler avec lui. A une époque, la couleur de peau pouvait être une barrière, aujourd’hui notre langue et notre culture peuvent aussi créer des barrières ou encore notre religion. Quoi encore ? ... Les habits que l’on porte, la musique que l’on écoute... Dans notre histoire, le fils cadet qui s’en va pour dépenser tout son argent représente le pécheur, le frère aîné qui est toujours resté aux côtés de son père en lui obéissant, représente le pharisien.
Et souvenez-vous à la fin de l’histoire quand le père accueille aussi bien le fils revenu, l’aîné est furieux contre son père : « Quoi ! Tu l’accueilles alors qu’il a dépensé tout ton argent, et dire que moi je suis resté fidèle avec toi pendant tout ce temps, c’est vraiment injuste ! » Nous arrive-t-il d’être comme le fils aîné, le pharisien qui obéit en toutes circonstances, mais qui se croit en droit de juger et d’exclure ceux qui ont des torts ?
...
Nous arrive-t-il d’être comme le 2e fils, le pécheur, qui ne fait pas toujours attention à respecter l’autorité et qui n’en fait qu’à sa tête, mais qui sait aussi reconnaître quand il s’est trompé ?
...
Certains, je suis sûre, se reconnaissent dans le fils aîné : sage, discipliné mais aussi peu indulgent, d’autres se voient en fils cadet : désobéissant, têtu mais qui reconnaît aussi ses erreurs.
Nous sommes aussi chacun dans notre vie, selon les moments ou selon les jours, l’aîné et le cadet, le sage et le fripon, le jaloux et le repentant.
Nous reconnaissons aussi sûrement dans cette histoire nos relations de frères et sœurs. Moi le sage, elle la disciplinée. Moi qui aime bien faire des bêtises, lui qui est toujours obéissant comme un petit ange. Et nous connaissons aussi la jalousie de ces rapports et les questionnements qu’ils soulèvent. Que dit donc Jésus à propos de ces deux situations ? le sage et le pécheur ? Que dit Jésus aux pharisiens qui lui reprochent de parler avec des pécheurs ? Dans notre histoire, le père accueille à bras ouvert son fils pécheur, et dit aussi à son fils fidèle qu’il l’aime. D’après vous les jeunes, qui représente le père ? Que veut nous dire Jésus ?
...
Le Père est Dieu.
Ce Dieu d’un amour si grand, qu’il aime ceux qui lui sont fidèles, comme ceux qui vont loin de lui puis reviennent.
Nous sommes tous ses fils et ses filles, nous qui sommes à ses côtés, et nous aussi qui nous sommes éloignés de lui mais voulons maintenant le retrouver. Chacun a sa place aux cotés de Dieu. Dieu n’a pas envoyé Jésus sur terre à nos côtés pour nous juger, mais pour nous sauver.
Mais remarquez bien que si nous partons, Dieu ne nous retiendra pas, Il nous a créés libres et ne nous empêchera pas de faire d’autres expériences. Il ne nous fera pas non plus revenir de force. Ce sera à nous de décider de revenir vers Dieu.
Sa porte sera toujours ouverte mais ce sera à nous de la pousser.
Je vous demande maintenant à vous les jeunes de penser à un titre pour notre histoire de ce matin. Nous en reparlerons ensemble en séance tout à l’heure.
Cette histoire de ce père et de ses deux fils différents aimés autant par leur père, montre que Dieu aime chacun et chacune au-delà de nos différences. Dieu nous aime tous car nous sommes ses enfants.
Quel beau cadeau pour ce début d’année ! Mon premier vœu serait que chacun de nous ressente et puisse vivre de cet amour au plus profond de lui, force et une lumière pour chaque jour.
Vous l’avez compris la Parole de Dieu, n’est pas réservée aux seuls pharisiens, donc aux seules assemblées fidèles. La Parole de Dieu est pour tous. Et c’est bien ici la mission que Jésus nous donne. Transmettre sa Parole dehors, dans notre quotidien. Et ce serait bien être sourd à son message que de mettre de côté cet appel.
Vivants par son amour, nous devons le partager autour de nous !
Voici donc mon second vœu qui est aussi important que le premier : partageons cet amour.
La vie chrétienne est grande, elle est belle, elle donne la vie, à tous !
Soyons des Vivants au cœur du monde !
Amen.
Pasteure Charlotte Gérard
" L'amour est vainqueur : merci Seigneur ! "
1 Timothée 1, 12 à 17, Annemasse, 12 octobre 2025
Timothée est souvent qualifié de « compagnon » de l’apôtre Paul, connaissez-vous son histoire ?
Le prénom Timothée signifie en grec « qui adore Dieu ».
Lors se son premier voyage missionnaire autour de la méditerranée, Paul annonce la bonne nouvelle de l’évangile à Lystre, dans l’actuelle Turquie, où elle est reçue par la famille de Timothée. Lors de son 2e voyage, Paul repasse à Lystre et repère ce jeune homme. Il le recommande alors à l’église locale. Timothée devient évangéliste et accompagne désormais Paul dans ses voyages. Il sera même également envoyé seul pour régler certaines affaires locales délicates. Une affection spirituelle relie les deux hommes, Paul nomme Timothée « son fils dans la foi ».
Paul est déjà certainement à Rome quand il écrit les lettres de nos Bibles à Timothée.
Dans la 1ère lettre de 5 chapitres, le jeune Timothée est à Éphèse et son autorité n’est pas reconnue. Ces lettres de Paul l’encourage à prendre sa place et à poursuivre sa mission dans la confiance. Paul lui donne aussi des conseils pratiques pour la bonne marche de cette communauté naissante.
La 2e lettre de 4 chapitres est une sorte de testament de Paul qui sent la fin arriver : il raconte les souvenirs des actions menées ensemble et le met en garde contre ceux qui voudraient le détourner de l’évangile.
Notre passage du 1er chapitre de la 1ère lettre commence par des remerciements, de la reconnaissance. Aujourd’hui dans notre société, on parlerait de gratitude. Les guides de développements personnels à la mode vantent chaque jour les bienfaits de la gratitude pour se faire du bien et faire du bien autour de soi.
Et pour nous chrétiens, quel est notre développement personnel ? C’est le Christ ! Paul loue le Christ d’avoir fait de lui son serviteur en lui donnant la force nécessaire. Paul reconnaît ainsi que sa vie est guidée par le Christ, irriguée par sa Parole de paix et d’espérance.
Vous savez que la première prière de nos cultes est ... ? La louange. Nous manifestons alors concrètement dans nos cultes notre volonté de dire merci avant toute chose. De la même façon pour nos prières personnelles, notre premier élan est appelé à être les « mercis » de chaque jour.
L’apôtre rappelle ensuite son parcours de disciple. Saul, juif zélé, était un dur persécuteur des chrétiens. Converti sur le chemin de Damas, il devient leur premier défenseur, renommé Paul. L’homme Saul/Paul avait sûrement un fort caractère ! Avant il utilisait sa force contre Dieu puis il a entendu, il a vu et il a cru. Les écailles lui sont tombées de yeux, raconte le livre des Actes (9,18). Paul voit alors maintenant clair, le Christ est désormais sa seule lumière. Dans notre texte, Paul témoigne ainsi de la grâce de Dieu sans condition : l’amour de Dieu en Christ est donnée à tous, et même aux pires violents dont il faisait partie. Saul était un homme d’une grande violence, aujourd’hui nous le taxerions tout simplement de terroriste.
Mais pourquoi donc Dieu a-t-il choisi un tortionnaire fondamentaliste pour disciple ? Nous sommes ici en présence de l’image du berger qui laisse toutes ses brebis pour aller chercher celle qui s’est perdue. C’est encore la femme qui retourne toute sa maison pour retrouver sa pièce.
Notre étonnement est juste et pourtant Dieu est allé chercher Saul et il « a retourné » sa vie en lui manifestant son amour de Père en Christ.
Pour nous l’histoire de Saul/Paul, ce sont des mots couchés sur du papier, mais si nous prenons ces paroles au sérieux, alors nous devons entendre aujourd’hui que cet amour de Dieu est aussi pour les pires violents de notre monde : les dictateurs, les terroristes et les bourreaux... Et nous pourrions en faire la liste, loin ou tout proche de nous. C’est tellement difficile de croire aujourd’hui que les personnes sur terre qui méprisent et détruisent des vies humaines puissent être aimées de Dieu, comme nous, autant que nous...
Et pourtant oui ils sont au bénéfice de la grâce de Dieu. C’est scandaleux ? Oui c’est l’évangile ! Malgré l’immense péché de Paul, contre Dieu et contre les hommes, la grâce a débordé du péché. L’amour a été vainqueur de la dureté de son cœur. Avec Paul, nous sommes témoins de la puissance du message du Christ : par la croix, l’amour est désormais plus fort que le mal.
Aujourd’hui nous recevons des témoignages de cette puissance, demain l’amour vaincra définitivement. Et puisque nous sommes les témoins du Dieu ressuscité, alors c’est de cette espérance dont nous sommes appelés à vivre et c’est elle encore qui nous donne la force de ne pas baisser les bras et de lutter aux côtés du Christ contre tout ce qui défigure la vie. Nous n’avons peut-être pas vécu comme Paul ce retournement brutal de notre vie par la force de l’amour de Dieu . Nous ne sommes peut-être pas capables de citer le jour, le mois ou même l’année de notre attachement au Christ. Pourtant, de la même manière que Paul nous sommes bien touchés par sa grâce qui déborde notre péché. Comme Paul, nous recevons la foi et l’amour. Et c’est chaque jour à nouveau que Dieu attend le retournement de notre foi, notre oui à son amour pour vivre en témoins fidèles.
La foi de Paul n’a pas été un long fleuve tranquille, il a été persécuté, emprisonné, il a sûrement douté. Cette lettre à son fidèle compagnon qui retrace son parcours en fin de vie lui permet de se souvenir des beautés du Christ pour lui et de s’ancrer à nouveau dans son amour. Pour nous ce matin qui l’entendons, elle est un encouragement sur notre chemin avec le Christ.
« Voici une parole sûre qui mérite d’être acceptée par tous », cette introduction de Paul annonce que ce qui suit est important, comme dans les évangiles quand Jésus dit « c’est vrai, je vous le dis ». « Christ est venu dans le monde pour sauver les pécheurs dont je suis le premier ». Tout est dit dans cette phrase : comme Paul, à ses côtés nous sommes tous pécheurs, c’est notre condition. Et Dieu nous sauve en Jésus-Christ : il nous rend justes, il nous justifie. Nous ne le méritons pas mais nous en avons tant besoin. La grâce du Christ nous justifie. Ainsi nous ne sommes pas justifiés à cause de nos actes, de nos prières et actions bonnes pour Dieu et pour les autres. Non, nous sommes rendus justes par le Christ Jésus qui s’est donné sur la croix pour notre vie. Voilà notre seule justification : l’amour de Dieu pour nous. Alors si Dieu donne sa grâce à tous en Christ, qu’est-ce qui différencie les croyants ?
Comme pour Paul, nous avons entendu, nous avons vu et nous avons cru. Nous nous savons pécheurs et sauvés. Nous reconnaissons devant Dieu notre péché et le louons pour sa grâce dans nos vies. Nous confessons qu’aucun mérite de notre part ne peut augmenter l’amour de Dieu en nous, mais que cet amour qui nous est donné gratuitement nous déborde et nous conduit dans le monde par l’amour et la paix pour devenir ce que nous sommes en vérité devant Dieu. En serviteurs et servantes de Dieu, nous ne faisons alors que ce que nous devons faire. Comme ce que nous enseignait la parabole de dimanche dernier, nous devenons alors les serviteurs ordinaires du Dieu extraordinaire.
Écoutons ces quelques lignes du pasteur Mitrani sur ce texte : « ce que j’ai, la seule chose que je possède vraiment, c’est Jésus-Christ a donné sa vie pour moi. Cette bonne nouvelle est donc la seule chose que je peux donner vraiment, et qui plus est sans rien en perdre. C’est la seule chose qui n’attirera pas à moi mais à Christ. C’est le seul don derrière lequel je m’efface, car je n’y suis pour rien. [...] Si de cela je ne témoigne pas alors je ne sers à rien ni à personne. Pas même à moi puisque je ne laisse pas cette miséricorde transpirer et porter du fruit en moi ».[1]
« Que tous honorent Dieu et lui rendent gloire pour toujours. Il est le Roi éternel ! ». Comme il avait commencé, Paul termine sa lettre dans la louange en bénissant Dieu. A la suite de Paul, c’est dans la louange et l’adoration que nous voulons finir notre méditation ce matin : Oui frères et sœurs : Sans l’avoir mérité, Christ a donné sa vie pour moi, « Que tous honorent Dieu et lui rendent gloire pour toujours. Il est le Roi éternel ! »
Amen.
[1] Fin de la prédication du 12 juin 2016 Saint-Dié, David Mitrani
Pasteure Charlotte Gérard
" Aimer c'est vivre "
1 Jean 4, 7 à 21 , Annemasse, septembre 2025
Bien aimés ...
Depuis combien de temps ne vous a-t-on interpellé comme cela ?
Bien aimés ...
Un terme désuet ...
Bien-aimés, c'est ainsi que ce texte biblique nous accueille ce matin
Bien aimé de Dieu
Vous êtes mes enfants bien-aimés,
je mets en chacune et chacun de vous ma joie.
C'est ainsi que Dieu nous a accueillis tous ce matin comme il avait accueilli Jésus à son baptême.
Bien aimés de Dieu ...
Oui, frères et sœurs, il existe un espace, un regard où dans ce monde nous sommes accueillis comme bien aimés ...
Savourons cette bonne nouvelle ! ...
Bien-aimés cela se sent, cela se respire ... Avant tout. Et cela peut aussi se comprendre ...
Vous allez me dire, cela se complique ... Qui peut effectivement expliquer l'amour ? ici l'amour de Dieu pour nous et l'amour fraternel. Jean, l'évangéliste le tente ici. Et c'est compliqué, bien compliqué à suivre ! Tout d'abord bien sûr, ce texte est daté ... avec un style propre de rédaction, qui n'est plus le nôtre aujourd’hui.
Dans nos communications contemporaines, nous allons généralement droit au but. Une introduction, un développement et une conclusion dans un mouvement linéaire bien huilé...
Dans ce texte aux accents sémites, l'auteur comme un danseur tourne en cercle autour du cœur de son propos.
Pour suivre le texte, il faut alors pénétrer les couches successives jusqu'au centre puis parcourir le même chemin pour en ressortir...
Pour utiliser une image commune aux cuisiniers et cuisinières ... ce texte est comme un oignon que l'on traverserait avec un couteau aiguisé. Au fur et à mesure que la lame s'enfonce on découvre les différentes couches du bulbe de cette plante potagère jusqu'à son centre et ensuite on ressort par les mêmes couches.
Dans notre texte, la première couche traversée parle de l'amour premier de Dieu qui fait de nous-mêmes des aimants. Parce que Dieu nous aime en premier, alors nous aimons notre prochain : aimons-nous les uns les autres ; car l'amour est de Dieu (v7). Si nous entrons dans ce texte à pelures, nous retrouvons cette même affirmation en fin de texte : Quant à nous, nous aimons, parce que lui nous a aimés le premier (v19) . Voilà la première couche et la dernière couche du texte qui nous rappelle que l'amour premier de Dieu est à la genèse, dans l'ultime de nos relations. Jean écrit aussi en parlant de Dieu" je suis l'alpha et l'omega, le premier et le dernier." (Ap 22,13)
Continuons ! et rencontrons le paradoxe apparent de ce texte : son ouverture d'un côté et son exclusivisme de l'autre.
Commençons par l’ouverture : Quiconque aime est né de Dieu ...
Voilà une affirmation bien intégrante. Peu importe les croyances, peu importe la foi, peu importe ... si quelqu’un aime alors il est de Dieu. Lorsque Jean écrit ces lignes, il est plongé dans un monde païen à la croisée du judaïsme et de la naissance du christianisme. C’est peut-être pour lui, l’envie de dédramatiser et de faciliter l’entrée dans le christianisme en affirmant voyez, vous aimez donc vous êtes déjà en Dieu sans en avoir pris conscience !
Comment comprendre cette ouverture aujourd'hui dans notre monde ? ... Je suppose que certaines personnes ne sauraient pas trop quoi faire de cette affirmation, d’autres pourraient être fâchées contre ce qu'elles pourraient considérer comme une tentative de récupération.
En effet, cela peut paraître forcer le trait de dire que chaque acte d’amour vient de Dieu, et celles et ceux qui sont en rupture avec Dieu ne pourraient le supporter. Il est juste de respecter cela.
Cela dit, à nos yeux, cela ne nous empêche pas de voir dans celles et ceux qui aiment, des enfants de Dieu, de voir dans l’autre des traces de l’amour, des traces d’amour du Tout-Autre.
Poursuivons avec le verset 8 : Celui qui n'aime pas n'a jamais connu Dieu, car Dieu est amour. Il s'agit d'une double négation ...
Mon professeur de français disait toujours en classe ... « évitez les doubles négations ! » Celui qui n'aime pas n'a jamais connu Dieu, car Dieu est amour. Si nous le mettons à l'affirmatif cela donne : Celui qui connaît Dieu, aime.
Ce qui est une autre manière d'écrire : Ceux qui aiment sont enfants de Dieu.
Voilà pour la partie ouverture ... passons à l’exclusivisme en lisant quelques versets précédant notre passage : Quiconque reconnaît que Jésus-Christ est réellement devenu homme a l'Esprit de Dieu.
Mais quiconque refuse de reconnaître Jésus en tant que tel n'a pas l'Esprit de Dieu, mais celui de l'Adversaire du Christ …
Contraste saisissant !
Il fut un temps où cette affirmation n’aurait pas posé de problème … Au moyen-âge, la France entière était chrétienne, catholique, très peu de gens étaient donc exclus, la presque unanimité reconnaissant Jésus comme Christ. Seulement voilà ... les temps ont changé ! Nous connaissons toutes et tous dans notre entourage, que ce soit dans nos familles, au travail, dans nos amis des personnes qui n’étaient pas chrétiennes et qui rependent autour d’eux l'amour et la bienveillance. Comment dire que ces personnes sont exclus du salut et rejetés dans le camp de l’adversaire ? Cela semble intenable de dire à toutes ces personnes, ferments d’amour : vous aimez certes, mais ne confessant pas le Christ, ce salut là n’est pas pour vous !
Comment Jean peut-il donc d'abord rejeter celles et ceux qui ne confessent pas Dieu et déclarer quelques lignes plus loin quiconque aime est né de Dieu ? Or Jean n’est ni un imbécile, ni un inconséquent !
Il choisit de maintenir ensemble un libéralisme et un fondamentalisme ... Et il l'explique encore dans les versets : 15 Celui qui reconnaît que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui, comme lui en Dieu. 16 Et nous, nous connaissons l'amour que Dieu a pour nous, et nous l'avons cru. Dieu est amour ; celui qui demeure dans l'amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui.
Jean propose alors une voie à la croisée de deux chemins :
- la confession intime et publique de Jésus le Christ
- une façon d’être qui se résume en un mot : l’amour
Voici le centre de notre texte et peut-être la sève de l’Évangile. Quand le Christ invite à croire en lui, il ne cherche pas à se mettre en avant lui-même, mais il met en avant ce qu’il sert et ce qu’il incarne : un message et une façon d’être, un chemin à suivre. Ce message et cette façon d’être, Jean les résume ici en un seul mot : l’amour. Cet amour est la façon d’être de Dieu, cet amour est Dieu lui-même. Mais le fait que cet amour s’incarne en Jésus dans l’histoire en fait plus qu’une notion philosophique abstraite, c’est une réalité qui se voit, qui s’entend, qui se crie sur les toits et qui se vit dans sa chair.
Et donc, dans notre passage, quand Jean écrit que celui qui ne se déclare pas publiquement pour Jésus est un antéchrist, ce n’est pas pour injurier ceux qui ne croient pas. Ce n’est pas la question, puisque Jean fait aussi remarquer qu’il arrive aux chrétiens de ne pas aimer suffisamment et correctement leurs frères et sœurs. Ce qu'exprime Jean ici, c’est qu’indépendamment de la croyance des uns ou des autres, aimer c’est vivre.
Et au contraire …
l’indifférence c’est la mort ,
l’égoïsme c’est la mort ,
la rancœur, c’est la mort ,
la culpabilité, c'est la mort,
la peur, c'est la mort ,
la méchanceté... c’est la mort ,
C’est être contre Dieu qui aime.
Aimer, c’est la Vie, aimer, c'est vivre ...
C'est vivre sans crainte, dans la confiance et la reconnaissance du Christ, le Vivant éternellement, qui nous répète inlassablement :
Bien-aimés, vous êtes mes enfants bien-aimés. Je mets en chacune et chacun de vous toute
ma joie.
Alléluia !
Amen.
Pasteure Charlotte Gérard
" L'espérance n'est pas vaine "
Job 38 et 39, Annemasse, Juillet 2024
Une des trois lectures du jour proposées se trouve dans le livre de Job, dans le premier testament.
Ce matin, j'ai choisi de rester dans ce livre de 42 chapitres. Job, cela vous dit sûrement quelque chose.
Cet homme est juste et sage. Tout lui réussit ... jusqu'au jour où il va perdre ses acquis, ses possessions, doucement, cruellement : sa santé, sa famille, ses biens, son rang social. Après 7 jours de silence et de sidération, Job parle et hurle à Dieu sa douleur et son injustice. Trois amis essaient de l'accompagner et de trouver des explications, puis enfin au chapitre 38, Dieu prend la parole.
Souvenons-nous … il en est ainsi pour chaque être humain, ou presque.
Au début de l’enfance, il y a pour la plupart, la douceur et l'amour …
Puis, viennent le mal, le désir et la violence : la soudaine brutalité des mots, les injustices, la vie avec ses hauts et ses bas, les années qui passent.
Au début il y avait les rêves, puis surgit le mal, et progressivement la litanie des questions venues du fond des âges et du fond des cœurs….
Comment est-ce possible ? Pourquoi le mal ? pourquoi la mort ?
Job, vous relirez chez vous en entier les 2 chapitres 38 et 39.
Contrairement au livre de la Genèse ou aux Psaumes 8 ou 104 qui nous parlent de la création, dans le livre de Job, c’est Dieu lui-même qui raconte la création. " La création racontée par Dieu lui-même " : ce pourrait être le titre d’un livre à succès.
C’est en fait la surprenante trouvaille de l’auteur du livre de Job... Faire décrire par Dieu en personne la création du Cosmos puisque lui seul était présent… Ainsi, au long des deux chapitres 38 et 39, Dieu lui-même prend la parole pour exposer comment les choses se sont déroulées à l’aube du monde jetant ainsi un véritable défi à la sagesse et à l’intelligence de Job…
« Qui présida aux destinées du monde ? » lui demande-t-il, à plusieurs reprises.
Job évidemment, ne saurait témoigner de la création, et force lui est donc de reconnaître la puissance divine et par la même, sa propre finitude et sa propre ignorance.
Mais pourquoi une ode à la création, soudain, au 38e chapitre de ce livre étonnant ?
Est-ce seulement pour susciter l’émerveillement des hommes, devant l’œuvre du créateur ?
Ce poème peut même sonner de façon provocatrice : " Je suis au fond du trou et toi tu me parles de la mer et des petits oiseaux ! " L'auteur du livre veut par ce poème répondre au défi que Job a lancé à Dieu.
En effet, Job lui a demandé : " Qui es-tu Dieu, toi, qui me frappe ? "
Et Dieu de répondre : " Et toi, qui es-tu, pour m’interroger de la sorte ? "
Au scandale du Mal, qui nous interroge tous, le livre de Job, entend faire répondre à l’énigme, au non-sens, à la révolte, à l'injustice … la beauté de la création.
Les chapitres 38 et 39 sont alors une suite de tableaux et de poèmes, où Dieu rappelle avec quelle autorité, mais aussi avec quelle tendresse, il a créé la terre et tous les éléments.
Ainsi, la mer, elle-même, figure de danger et de chaos pour tous les peuples du Moyen- Orient, est avec Dieu contenue dans ses élans dévastateurs.
Job, image de la figure humaine, qui voudrait trouver une explication à tout, et qui n'en trouve aucune même avec l'aide de ses trois amis, image eux de l'humanité entière, Job est ici confronté à ses limites.
Viennent alors, plus d’une trentaine de questionnements :
Job, a-t-il pu se rendre aux sources de la mer ?
A-t-il pu explorer les bas fonds de l’océan ?
A-t-il pu franchir les portes du royaume des morts ?
A-t-il pu monter au ciel jusqu’aux grands dépôts de neige et de grêle ?
Job, a-t-il pu une seule fois ordonner au jour de se lever ?
Est-ce Job qui prévoit la nourriture pour les petits corbeaux? Est-ce Job, qui conduit la Grande Ourse et les autres constellations à travers le ciel ?
Dans une succession d’innombrables questions, non sans d’humour, Job reconnaîtra finalement sa propre fragilité au milieu du grand univers.
Job ne sait pas grand-chose ; il ne sait même rien de la beauté et du bon fonctionnement de l’univers.
Alors, en effet, comment pourrait-il prétendre connaître les racines du Mal ?
Et nous, que faisons-nous de cette magistrale démonstration ?
Bien entendu, elle est écrite avec la compréhension de l'époque, mais au-delà de la science, sommes-nous, comme Job, prêts à entendre la beauté et la grandeur du monde ? Non pas comme réponse à nos questions existentielles qui continueront à sonner dans le vide, mais bien plus comme invitation à élever notre regard et à ouvrir nos cœurs, sommes-nous prêts ?…
Le livre de Job nous invite à prendre notre juste place aux côtés du Dieu créateur, dans la confiance et l'espérance : qui sommes-nous en effet pour juger Dieu et le placer à la source du mal ? Lui qui nous appelle encore et toujours à la Vie plus forte que tout !
Remarquons que Dieu, avec une tendre ironie, reproche à Job son incompétence, de prendre une place qui n'est pas la sienne - vous savez c'est histoire de la tour de Babel, les hommes à la place de Dieu … - mais en revanche, jamais Dieu ne le rend coupable de sa situation. Les paroles de Dieu ne sont pas culpabilisantes mais bouleversantes, et elles sont toujours dirigées vers la Vie.
Ce livre étonnant est une invitation à rester humbles quant à nos théories sur le mal.
Il est aussi une invitation à savoir toujours prendre la mesure de l'extraordinaire beauté du monde.
Et ce sont les plus grands scientifiques qui en témoignent.
Pouvons-nous alors en déduire que le beau serait un antidote aux forces du mal ?
Le livre de Job n’est pas loin de l’affirmer. Et le monde protestant souvent très sobre dans ses architectures intérieures comme extérieures a peut-être plus que d’autres, besoin de l’entendre.
Le beau nous oblige à regarder le monde avec bienveillance et avec confiance, nous dit le livre de Job. Le beau nous convie à lever nos têtes et nos cœurs …
Ce livre de Job, l’Éternel, notre Bonne Nouvelle, nous invitent à traverser la vie avec ses joies et ses peines, ses hauts et ses bas, ses questions, bien souvent sans réponse.
Job, notre Dieu, le Christ, nous appelle à garder notre âme d'enfant, notre capacité à nous émerveiller : un paysage, un coucher de soleil, une œuvre d’art, une page biblique, un poème, une œuvre musicale, un sourire, un heureux moment partagé … il y a tant d’occasions données dans notre monde pour apprendre à dire " que c'est bon ! " , et pour
découvrir que le beau peut aussi nous faire grandir en sagesse et en grâce. Et Job nous rappelle aussi dans nos jours plus sombres que Dieu continue à dire non aux projets des méchants :
Chaque matin, il recrée le monde et ordonne au jour de se lever, mettant ainsi fin à la nuit de nos peurs et de nos épreuves. Une manière poétique de nous rappeler que la vie peut et doit être belle en dépit des malheurs que nous vivons.
Et notre Dieu, oui, Il est bien allé jusqu'à la croix pour nous le redire encore et le fixer à jamais dans nos cœurs : l'espérance n'est pas vaine, chaque matin est un jour nouveau, qui, dans une tendre insolence, témoigne que Dieu veut notre vie pour le bonheur seul, et que, quoiqu'il arrive, Sa lumière vaincra.
Amen.
Pasteure Charlotte Gérard
Nous voici ce matin en compagnie d’une graine de moutarde.
Dans certaines bibles, il s’agit de la graine de sénevé, son autre nom. A l’époque de Jésus, cette graine était une des plus petites. Aujourd’hui l’histoire serait racontée avec une graine d’orchidée tropicale, la plus petite des graines du monde, à peine visible à l’œil nu. Matthieu a lu pour nous cette parabole dans deux évangiles, vous souvenez-vous lesquels ?
Elle est même aussi racontée très brièvement dans l’évangile de Marc (Marc 11,23).
Jésus par ses paraboles, ses histoires imagées pour faire comprendre une réalité, explique à ses disciples et à ceux qui l’entourent, ce qu’est le Royaume de Dieu, ou le Royaume des cieux. Car c’est en effet bien complexe d’imaginer, de se représenter le Royaume de Dieu, même pour nous encore aujourd’hui. Alors Jésus aide ses contemporains et nous aussi à comprendre, ressentir, toucher du doigt cette réalité du Royaume.
L’évangile de Marc précise d’ailleurs au verset 34 que lorsque Jésus était seul avec ses disciples, il prenait le temps de leur expliquer encore un peu plus, comme nous le faisons ensemble ce matin !
Le Royaume des cieux est comme...
Avez-vous en tête d’autres images que Jésus donne dans les évangiles ?
Le Royaume est semblable à un roi qui organise une fête pour son fils (Mt 22)
Le Royaume est à ceux qui ressemblent aux petits enfants (Mt 19,14)
Le Royaume ressemble à un homme qui a semé du bon grain (Mt 13)
Le Royaume ressemble à une femme qui prend de la levure et la mélange à de la farine, à un
trésor caché, à un marchand qui cherche de belles perles, à un filet plein de poissons... (Mt 13)
Toutes ces comparaisons pour nous faire ressentir ce fameux Royaume.
Et ce matin, c’est la graine de... ? moutarde.
Cette graine est donc la plus petite de toutes, si petite, si fragile, si précieuse.
Car lorsque l’homme en prend soin, la met en terre, vérifie l’humidité, son exposition, et s’en soucie chaque jour, la graine germe et pousse, pousse, pousse. Quelques temps après, elle devient la plus grande des plantes, elle est tellement grande que même les oiseaux viennent y faire leurs nids.
La plante de la graine de moutarde atteint 3 ou 4 mètres en 40 jours, c’est spectaculaire !
Jésus montre ainsi le contraste entre la toute petite graine du début et la belle plante qu’elle devient en peu de temps en étant capable en plus d’abriter les oiseaux. Nous qui sommes émerveillés devant nos ados qui prennent 10cm en 1 an, alors imaginez ici !
Dans l’ancien testament, nous retrouvons cette symbolique autour de l’arbre et des oiseaux qu’il abrite. Et chose intéressante, c’est toujours pour parler de la grandeur et de la puissance d’un royaume :
A propos de l’empire babylonien dans le livre de Daniel : “ L’arbre grandit et devient puissant, les bêtes des champs s’abritent sous son ombre, les oiseaux font leurs nids dans ses branches. ”
A propos de l’empire égyptien chez le prophète Ézéchiel : “ Tous les oiseaux font leurs nids dans ses branches et de nombreux peuples habitent à son ombre. C’est un arbre magnifique, il est haut et grand ”.
Et encore Ézéchiel qui annonce un nouveau roi à Israël par ces mots : “ La jeune branche deviendra un cèdre magnifique. Des oiseaux de toutes sortes feront leurs nids dans ses branches et ils se reposeront sous son ombre. ”
Dans le nouveau testament, Jésus reprend donc cette image cette fois pour le Royaume de son Père, celui qu’il est venu annoncer. Si vous deviez résumer en un mot la bonne nouvelle de l’évangile, ce serait lequel ? ... l’amour de Dieu pour tous.
Mais ce Royaume n’est pas forcément visible au départ, tout petit, comme Jésus, venu dans le monde en un petit bébé fragile couché dans une mangeoire misérable. Et pourtant il est le Messie, un lieu sûr, un abri aimant où chacun peut venir se reposer et se ressourcer pour trouver la vie.
Et encore aujourd’hui dans notre monde secoué chaque jour par la violence, l’injustice et les catastrophes, le Royaume de Dieu peut nous sembler bien faible. Pourtant cette graine qui nous semble parfois insignifiante deviendra un arbre magnifique et abritera tous ceux qui chercheront de l’ombre.
Par cette parabole, non seulement Jésus fait de la pédagogie en nous expliquant ce qu’est le Royaume de Dieu, mais il nous donne bien plus... ? de l’espérance.
Ce que tu vois aujourd’hui de mon amour et de ma puissance peut te sembler bien petit, ridicule face aux puissances mauvaises du monde. Mais ne crains pas, nous dit Jésus, l’Esprit est à l’œuvre, Dieu veille, la petite graine deviendra grande et puissante, et alors l’amour vaincra, pour toujours.
Vous le savez, Jésus dit aussi plusieurs fois dans les évangiles que le petit sera grand, que le premier sera le dernier, que le serviteur deviendra maître, c’est le renversement des valeurs de l’évangile : dans le Royaume des cieux le plus petit devient le plus grand. Nous sommes ici bien loin de ce que nous vivons aujourd’hui où celui qui crie le plus fort a le dernier mot... Vous connaissez encore cette affirmation de l’apôtre Paul : « Quand je suis faible, c’est alors que je suis fort » (2 Co 12,10).
Dans notre vie quotidienne parfois éprouvée, dans notre église qui traverse des difficultés, la parabole de la graine de moutarde nous appelle chaque jour à l’espérance : aujourd’hui tu te sens petit et faible, notre église se sent fragile et minuscule, pourtant tu portes, elle porte une grande nouvelle qui s’adresse au monde entier. Demain tu seras grand, l’église des enfants de Dieu sera immense, et nous abriterons chaque être vivant.
En Jésus-Christ, par l’Esprit du Père, nous sommes bien cet arbre qui abrite celles et cieux qui nous rejoignent.
Vous avez peut-être déjà entendu cette façon de parler du Royaume de Dieu : déjà là mais pas encore tout à fait là, déjà mais pas encore. Et c’est bien cette réalité qui nous habite chaque jour : nous chrétiens savons que Dieu nous sauve en Jésus-Christ et sauve le monde, mais pourtant nous continuons à faire des erreurs, à douter, à désespérer, à subir les injustices et à voir le mal à l’œuvre en nous et autour de nous. L’amour de Dieu nous a déjà été donné mais ne s’accomplira pleinement qu’au retour du Christ dans sa gloire pour l’accomplissement de son Royaume sur la terre.
Et nous alors, quelle attitude adopter ? S’agit-il seulement de subir en attendant le retour du Christ et la venue entière de son Royaume ?
Dans notre parabole, vous remarquez que l’action d’une personne est indispensable pour que la graine pousse. Si cette petite graine n’est pas mise en terre, si personne ne lui fait un doux cocon pour s’épanouir, n’en prend soin chaque jour, la graine restera graine et pourrira ou sera mangée.
Ce n’est que grâce à la confiance et à la volonté de l’homme, de la femme, d’une communauté entière qui espère en cette petite chose minuscule et en prend soin chaque jour, que la plante peut pousser et ensuite abriter les plus petits. Comme le dit la fin de la parabole chez Marc, selon ce que chacun peut entendre et comprendre des paroles de Jésus, nous sommes chacun appelés à les recevoir intimement dans notre cœur.
Frères et sœurs, nous sommes les mains et les pieds de Dieu dans le Royaume d’aujourd’hui. Nous sommes sa bouche pour l’annoncer et son corps pour l’incarner.
Oui, Dieu a besoin de nous, de notre confiance, de notre travail, pour prendre soin de son œuvre d’amour. Il a besoin de chacun de nous comme de son église. C’est l’Esprit qui fait germer et pousser le Royaume mais c’est bien nous individuellement et ensemble qui devons l’accueillir et en vivre.
Croyez cela, le Royaume de Dieu est déjà là, en chacun de nous, comme une petite graine, à peine visible, oui il est bien là.
Soyons reconnaissants pour ce cadeau, faisons lui de la place en nous par la prière, laissons le grandir dans notre cœur, partageons-le en communauté, car de petites graines de moutarde, Jésus promet de faire de nous des arbres magnifiques.
En Christ, tout est possible, nous serons de belles personnes, une magnifique famille des enfants de Dieu, et les plus petits viendront s’abriter à notre ombre.
Amen.
Pasteure Charlotte Gérard